Guggenheim

Même si les peintures et les dessins de Georges Seurat peuvent sembler appartenir à des mondes séparés, la profonde connaissance de la couleur qui s’exprime à travers ses toiles avait déjà été révélée dans ses dessins en noir et blanc. Seurat a choisi le papier Michallet pour créer la plupart d’entre eux. Fait main, ce papier se distingue par ses irrégularités, par une texture lourde et par de menues ondulations sur lesquelles, lorsqu’on glisse le crayon Conté, on obtient des résultats d’une grande variété.

Les centaines de dessins conçus par Seurat au long de son bref parcours artistique témoignent de l’évolution suivie par l’artiste français jusqu’à atteindre une maîtrise caractérisée par la création d’effets uniques qui tirent parti des spécificités du matériau. Vous observerez dans cette sélection les progrès qu’il fait sur la voie de l’expérimentation et la façon dont il parvient à se distinguer comme nul autre dans l’art du dessin.

Tout était susceptible d’être saisi par la main et le crayon Conté de Seurat. Pendant sa formation, il a d’abord travaillé d’après nature et à la reproduction d’œuvres des maîtres classiques. Il s’est ensuite tourné vers son entourage proche pour y aborder, entre autres, des motifs du quotidien. Tout porte à croire que Seurat n’accordait guère d’importance au sujet ou à l’objet, l’essentiel étant pour lui d’expérimenter en captant des clairs-obscurs sur le papier et en créant des volumes libres, non fermés par la ligne traditionnelle.