Adam et Ève | Alberto Durero | Guggenheim Bilbao Museoa
Exposition passée

Albert Dürer: oeuvre graphique du Städel Museum

26.06.2007 - 09.09.2007

L'œuvre graphique de Dürer comprend plus d'une centaine de gravures sur cuivre et autour de 300 en bois. Sauf quelque exception, les estampes de la Collection du Städel Museum sont de grande qualité et la plupart proviennent de la collection du fondateur de l'institution, Johann Friedrich Städel, qui les acheta à la fin du xviiie et au début du XIXe.

C'est un choix de cette magnifique collection qui, pour des raisons de conservation, ne peut être exposée de façon permanente et dont la dernière présentation publique remonte à l'année 1971 qui va être montré à Bilbao, organisé par le Städel Museum de Frankfort en collaboration avec le Musée Guggenheim Bilbao. De plus, non contente de présenter l'évolution et la maîtrise de Dürer dans le domaine des techniques graphiques, l'exposition va également étudier la signification du recours à ces médiums dans le contexte général de son œuvre.


Albert Dürer (1471–1528) est considéré comme le plus célèbre représentant de la Renaissance allemande. Son œuvre appartient à une époque de mutations, de construction d'une nouvelle vision du monde, pour laquelle il sut trouver une forme artistique appropriée. Dans sa production artistique, il est parvenu, mieux que tout autre de ses contemporains, à combiner les traditions picturales du Bas Moyen Âge des régions alpines du Nord et les influences de la Renaissance italienne caractérisées par la récupération de l'art classique ; et aussi à redéfinir le rôle social et spirituel de l'artiste sous l'influence de la pensée humaniste. Vue sous cet angle, l'œuvre de Dürer a dépassé son époque pour peser sur le développement de l'art, surtout allemand, jusqu'à l'ère moderne.

L'œuvre graphique de Dürer comprend un peu plus de cent estampes réalisées sur plaque de cuivre et environ 330 sur bois, sans compter des centaines d'illustrations de livres. La Collection du Musée Städel détient des exemplaires d'une qualité exceptionnelle de pratiquement la totalité de l'œuvre graphique de l'artiste. L'exposition, qui présente une sélection de ces précieux fonds, en provenance, pour la plupart, de la collection du fondateur du Musée, le banquier de Francfort Johann Friedrich Städel (1728-1816) ainsi que les principales œuvres de l'artiste, donne une vision globale et représentative de l'évolution de Dürer en tant que graveur.

Fils d'un orfèvre de Nuremberg, Dürer apprend la technique de la gravure sur métal très jeune. Il se forme come peintre dans l'atelier de Michael Wolgemut, dans cette même ville, qui dessinait également des illustrations pour gravure sur bois destinées aux premières éditions de livres. Vers 1495, après son « grand tour » et sa première visite en Italie, Dürer commence à se faire connaître dans le domaine des nouvelles techniques, c'est-à-dire la gravure sur cuivre et sur bois développée au XVe siècle. Plus qu'avec les dessins ou la peinture, qui dépendaient de ses clients, Dürer peut développer de nouvelles idées avec les estampes qu'il crée selon ses propres concepts et pour son compte. Ces travaux, qui font l'objet de grands tirages et sont ainsi amplement diffusés, enrichissent l'artiste mais aussi le font connaître dans toute l'Europe.

Avec ses grandes séries de gravures sur bois comme L'Apocalypse (vers 1496-98) et une partie de la Grande Passion, Dürer, dès le début du siècle, consolide sa notoriété, à laquelle contribuent ses magnifiques travaux sur cuivre qui empruntent des thèmes entièrement neufs et une technique rivalisant avec la peinture. En 1504, il publie Adam et Ève, une estampe dans laquelle, suivant le modèle de l'art classique, il essaie de définir les proportions idéales de la figure humaine. Avec ses trois chefs-d'oeuvre, Le chevalier, la mort et le diable, Saint Jérôme dans sa cellule et La mélancolie I de 1513–14, il porte la gravure sur cuivre à son plus haut point d'expression. Mais la création graphique de Dürer ne se borne pas à ces chefs-d'œuvre. Il expérimente ensuite avec de nouvelles techniques comme la pointe sèche et l'eau-forte et collabore avec d'autres artistes à de grands projets de gravures sur bois pour son protecteur et mécène, l'empereur Maximilien Ier. Ses dernières années seront consacrées à des traités sur la compréhension et la représentation graphique de la nature et sur la théorie des proportions.

Martin Sonnabend
Commissaire de l'exposition

Une exposition du Musée Städel en collaboration avec le Musée Guggenheim Bilbao

 

Alberto Durero
Adam et Ève (Le Péché originel), 1504
Gravure
25,1 x 19 cm.
Département d’Estampes et Dessins du Städel Museum, Frankfurt am Main
Photo : Ursula Edelmann, Frankfurt am Main

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