Guggenheim
Lightning_Dance
Exposition passée

La programmation de la salle Film & Vidéo du Musée Guggenheim Bilbao illustre l’engagement permanent de l’institution en faveur des pratiques artistiques liées à l’image en mouvement dans le contexte des arts visuels contemporains.

Conjuguant dans sa pratique la vidéo, la chorégraphie et la sculpture, l’artiste multidisciplinaire Cecilia Bengolea (Buenos Aires, 1979) étudie les diverses formes de danse populaire et combine éléments contemporains et éléments archaïques pour renouveler constamment le concept de figuration. L’exposition réunit trois pièces récentes représentatives de l’originale perspective avec laquelle l’artiste traite la vidéosculpture, en utilisant les images en mouvement comme autant d’agents corporels agissant librement dans l’espace expositif. Le concept ambigu d’animation présent dans l’intitulé renvoie à la fois au mouvement naturel des personnages filmiques et à la vieille ambition d’insuffler la vie à ce qui est artificiel, de doter d’énergie ce qui est inerte. Dans le travail de Bengolea, l’anima — comprise comme l’âme ou le souffle vital d’un corps — est intimement liée aux capacités de conductivité électrique des organismes vivants, tandis que la musique se manifeste comme une force contagieuse d’animation. Avec leur inépuisable potentiel pour se transformer, muter et s’imiter mutuellement, les êtres animés s’assimilent à l’élément ‘eau’ dans son infinie plasticité.

La récente production Danse de l’éclair (2018) est basée, à l’instar de nombreux projets de Bengolea, sur la collaboration approfondie que l’artiste noue avec ceux qui y apparaissent, notamment les artistes de dancehall Craig Black Eagle et Oshane Overload Shankaz. Filmée dans la ville jamaïcaine de Bog Walk et produite à Londres, cette œuvre a rapidement aquis une valeur d’icône et fait partie d’importantes collections comme TBA21 à Vienne ou Tank à Shanghai. Par le biais d’une projection vidéo monocanal en noir et blanc, la vidéaste explore l’influence de l’électricité atmosphérique sur le comportement et l’imagination. La pièce appartient à une série encore ouverte d’œuvres avec lesquelles Bengolea explore la culture dancehall à la Jamaïque, convertie en un phénomène mondial qui se ramifie en d’innombrables sous-genres et styles de musique et de danse populaires aujourd’hui. La formidable présentation de Danse de l’éclair s’accompagne de deux animations numériques : Bestiaire (2019) et Postures favorites (2018). S’inspirant des descriptions recueillies dans Le livre des êtres imaginaires (1957) de Jorge Luis Borges, pour Bestiaire l’artiste a scanné son corps dans son évolution jusqu’à sa métamorphose en un ensemble de créatures fantastiques. Ainsi, en recourant à une iconographie similaire à celle des hologrammes, elle rend visible les fantastiques transformations d’un corps en état constant de mutation. Pour sa part, Postures favorites prend comme point de départ la pieuvre dans sa capacité à suggérer un corps sans limites, une créature complètement liquide et immensément sensible dotée d’une intelligence décentralisée et multiple, dont les mouvements fluides coulent librement entre l’intérieur et l’extérieur, l’être et l’environnement.

Curateur : Manuel Cirauqui

Cecilia Bengolea
Danse de l’éclair
(Lightning Dance), 2018
Projection vidéo, noir et blanc, sonore, 6 min, 3 s
Courtoisie de l’artiste et Galería Àngels Barcelona
© Cecilia Bengolea

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Cecilia Bengolea
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Cecilia Bengolea. Animations d’eau