Guggenheim
Serie Viviendo | Obras | Guggenheim Bilbao Museoa
Serie Viviendo | Obras | Guggenheim Bilbao Museoa
Jenny Holzer
Série En vie : voir le souffle de quelqu’un peut être saisissant…, (Living: It can be startling to see someone’s breath…,), 1989

Banc de granit blanc Bethel
143,2 x 91,4 x 45,7 cm
Texte : Living (1980–82)
© 2019 Jenny Holzer, membre de la Artists Rights Society (ARS), NY/ VEGAP
Guggenheim Bilbao Museoa
Donation de l’artiste

Serie Supervivencia | Obras | Guggenheim Bilbao Museoa
Jenny Holzer
Série Survie : laisse ta main se promener…, (Survival: Let your hand wander…,), 1989

Banc de granit rouge indien
106,7 x 43,2 x 45,7 cm
Texte : Survival (1983–85)
© 2019 Jenny Holzer, membre de la Artists Rights Society (ARS), NY/ VEGAP
Guggenheim Bilbao Museoa
Donation de l’artiste

Introduction

“Je ne voulais pas que les gens soient debout pour lire mes textes sur les panneaux électroniques. Comme je voulais qu’ils soient à l’aise et qu’ils prennent leur temps pour observer, j’ai pensé à installer quelques bancs, et j’ai eu l’idée de mettre des textes dessus, et que les bancs devaient être en pierre”. —Jenny Holzer

Voici plus de quarante ans que Jenny Holzer (Ohio, États-Unis, 1950) présente ses réflexions acerbes, ses prises de position et ses afflictions dans des espaces publics et des expositions internationales. Son médium est le mot écrit, que ce soit sur des t-shirts, des plaques de métal ou des panneaux à LED, et la dimension publique est essentielle dans l’intentionnalité de son travail. Des affiches de ses débuts, collées dans les rues de New York dans les années 1970, à ses récentes projections sur des paysages ou des bâtiments, la pratique de Holzer fait front à l’ignorance et à la violence avec humour, tendresse et courage.

Vers le milieu des années 1980, l’artiste commence à réaliser des bancs de pierre semblables à ceux que l’on peut voir dans les parcs ou les cimetières. De son travail avec la pierre, Holzer a déclaré : “J’apprécie l’éphémère et l’immatériel, et je leur fais confiance, et aussi à la roche solide (…). On peut lire les mots gravés sur la pierre, les toucher, les lire avec la main et les percevoir autrement que quand ils sont écrits sur une page. Le marbre et le granit bloquent le temps, tandis que les panneaux électroniques et les projections ont une autre façon d’envoyer des signaux. En voyant des rangées de bancs, les gens peuvent penser à des salles d’attente, des salles de tribunaux, d’hôpitaux et d’églises, en bien et en mal”.

Holzer invite tout le monde à s’assoir sur les bancs afin de créer une expérience collective et commémorative qui offre un lieu pour la contemplation ou pour le débat. À la différence de la plupart de l’art présenté dans un espace muséal, ces œuvres sont fonctionnelles et conçues pour être utilisées. Holzer travaille avec une grande variété de pierres et choisit méticuleusement le matériau qui convient le mieux à la gravure de ses textes.

Les inscriptions de ces bancs proviennent de deux ensembles de textes :

Survival [Survie] est une série d’avertissements écrite par Holzer entre 1983 et 1985 dans laquelle chaque phrase donne une instruction, informe ou conteste les façons dont les individus répondent à leur environnement politique, social, physique, psychologique et personnel. Les phrases, courtes et frappantes, sont conçues pour être facilement compréhensibles pour les passants. “PROTÈGE-MOI DE CE QUE JE VEUX ” est le texte central de cette série.

Dans la série Living [En vie], de 1980–82, le ton des messages est moins pressant. Ici, Holzer présente une série d’observations, d’instructions et d’avertissements plus discrets. Les textes sont écrits dans un style direct, journalistique, approprié pour une description de la vie quotidienne. Ses commentaires sur la façon dont l’individu, compte tenu de sa dimension corporelle, entre en rapport avec le paysage, avec d’autres personnes, avec les règles, les attentes, les désirs, les peurs, d’autres corps et son propre être.

 

 

Questions

Regardez cette œuvre avec attention. Comment la décririez-vous ? Quels sont les éléments qui retiennent votre attention ? Si vous deviez l’expliquer à un ami, comment le feriez-vous ? Que détacheriez-vous ? Avez-vous déjà vu une œuvre similaire ? Où ?

De quel matériau est-elle faite ? Quelles sont les caractéristiques de cette matière ? Quelles qualités physiques ou émotionnelles vous suggère-t-elle ? Où vous pouvez trouver des objets réalisés dans le même matériau ? Que vous rappelle-t-il ? Pourquoi à votre avis l’artiste s’intéresse-t-elle précisément à ce matériau ?

Au-delà d’inviter le spectateur à regarder et contempler l’œuvre, les pièces de Holzer ont une fonction et sont pensées pour être utilisées. Asseyez-vous sur l’un des bancs. Comment vous sentez-vous ? Quelles sont vos sensations en vous asseyant sur une œuvre d’art? Quels sens sont stimulés en entrant en interaction avec la pièce ? Êtes-vous déjà entré en interaction avec une œuvre d’art de cette façon ? En quoi cette œuvre d’art ressemble-telle ou se distingue-t-elle des autres du Musée ? Comment votre perception de l’œuvre changerait-elle en fonction du lieu où elle est présentée ? Que se passerait-il si, au lieu d’un musée, vous verriez cette œuvre dans la rue ?

Lisez le texte inscrit sur le banc. Holzer a déclaré que son but, en employant la pierre, était “que cela ressemble à une voix autorisée, la voix du système”. À votre avis, y est-elle parvenue ? Comment ? Pour Holzer, quand les mots sont gravés dans la pierre, “on peut les toucher, les lire avec la main et les percevoir autrement que quand ils sont écrits sur une page”.1 Êtes-vous d’accord avec cette affirmation ?

Comparez les pièces En vie : voir le souffle de quelqu’un peut être saisissant… (Living: It can be startling to see someone’s breath…), 1989] et Survie : laisse ta main se promener…, 1989 (Survival: Let your hand wander… ). En quoi se ressemblent-elles ? En quoi se différencient-elles ? Percevez-vous des différences entre les divers messages gravés sur les bancs? Raisonnez vos réponses.

Activités

Créez une proposition imaginaire pour votre ville consistant à installer votre œuvre d’art dans un espace public, en prenant comme référence les bancs de Jenny Holzer.

Les bancs de Holzer sont visibles non seulement dans les musées, mais aussi dans des espaces publics, comme des parcs et des places. Avec Google Images vous pouvez trouver des exemples qui inspirent votre travail.

  1. Pour commencer votre projet, pensez à un sujet qu’il est urgent de traiter pour vous ou pour votre communauté. Il peut être lié à l’environnement, à la sécurité, à la santé, aux opportunités pour les personnes, etc. Écrivez un texte court qui montre ou conteste la façon dont les gens ont l’habitude de réagir face à ce sujet.
  2. Pensez à un espace public de votre communauté qui est très fréquenté et qui pourrait être un bon endroit pour déployer votre message. Allez-y et prenez quelques photos (si l’endroit n’est pas accessible, cherchez une photo sur internet). Une fois que vous avez les photos, passez-les à un ordinateur et à un logiciel de traitement des images comme Microsoft Paint ou Adobe Photoshop.
  3. Ensuite, avec l’ordinateur ou avec du papier et un crayon, dessinez un banc qui puisse mettre l’espace en valeur d’une façon ou d’une autre. Pensez à la façon dont le lieu choisi va dialoguer avec l’œuvre proposée.
  4. Avec le logiciel, placez votre banc sur la photo de l’emplacement, ou imprimez une photo et dessinez directement dessus. Écrivez votre phrase sur le banc.
  5. Terminez votre projet en créant un dossier où vous expliquerez votre proposition : écrivez pourquoi vous avez choisi l’endroit et en quelques paragraphes, argumentez votre idée. Ajoutez vos photos du banc.

Votre proposition doit apporter des réponses à ces trois questions :

  • Pourquoi est-il important d’attirer l’attention des gens sur le thème que vous présentez ?
  • Pourquoi voulez-vous montrer cette pièce dans ce lieu précis ?
  • Quelles réactions attendez-vous des gens ?
  1. Présentez votre projet en classe et débattez avec les autres camarades les différentes idées qui peuvent surgir.

Écrivez un bref essai : “Protège-moi de ce que je désire”.

Les textes de la série “Survie” de Holzer sont apparus sur divers supports, comme des bancs, des affiches, des panneaux publicitaires, voir même des préservatifs, ainsi que sur des panneaux à LED et des projections monumentales. L’artiste emploie le langage pour agiter et perturber, pour pousser le spectateur à remettre en question des concepts comme le pouvoir, le désir et la peur. Une de ses phrases les plus célèbres, “PROTEGE-MOI DE CE QUE JE DESIRE”, est apparue sur l’un des énormes panneaux lumineux de Times Square en 1985–86. Écrivez un bref essai intitulé“ Protège-moi de ce que je désire”. Avant de commencer à écrire, confectionnez une liste de questions auxquelles vous répondrez ensuite dans votre essai. Partagez votre histoire avec le reste de la classe. Les thèmes se sont-ils répétés ?

Vocabulaire

LED : diode électroluminescente ou source lumineuse constituée d’un semi-conducteur qui émet de la lumière quand le courant le traverse.

Liens

https://www.youtube.com/watch?time_continue=444&v=Y74WGcc084M

https://www.theartstory.org/artist-holzer-jenny-artworks.htm

http://www.dazeddigital.com/art-photography/article/37678/1/jenny-holzer-on-how-to-get-the-message-across

https://www.tate.org.uk/whats-on/tate-modern/exhibition/artist-rooms-jenny-holzer/exhibition-guide

https://www.guggenheim-bilbao.eus/en/works/living-series-can-startling-see-someones-breath/

https://www.guggenheim-bilbao.eus/en/works/survival-series-let-hand-wander/