Guggenheim

En 2014, le Musée Guggenheim Bilbao présentait Ernesto Neto : le corps qui me porte, une rétrospective unique consacrée à l'œuvre de cet artiste né à Rio de Janeiro en 1964. Neto est l'un des créateurs les plus importants du Brésil. Il est internationalement connu pour ses sculptures organiques, souvent colossales, créées à partir d'un tissu semi-transparent en polyamide élastique, et parfois rempli de différents matériaux.

En plus de vingt-cinq ans, Neto a accumulé un immense inventaire d'œuvres, allant des dessins délicats aux installations à grande échelle. Ses oeuvres sont faites pour être traversées, habitées, ressenties et même senties afin que le spectateur puisse entrer en écho avec elles et puisse expérimenter son propre corps et ses sens. Tout comme le corps humain, celles-ci sont fragiles et délicates.

Au milieu des années quatre-vingt-dix, Neto abandonna le langage géométrique de ses premières œuvres et commença à remplir des œuvres en polyamide, préalablement cousues, avec des matériaux aussi disparates que des bulles de mousse de polystyrène, de la farine ou des épices afin de constituer des formes ressemblant à des corps vivants ou des organismes.

Bulle blanche (White Bubble, 2013/17) s’appuie sur l'un des éléments qui composent Hyperhorizon d’évènements (Hiperhorizonte de eventos), l'une des œuvres présentées dans son exposition de 2014 au Musée Guggenheim Bilbao, que l'artiste a désormais reconfigurée spécifiquement pour l'adapter aux espaces emblématiques du bâtiment conçu par Frank Gehry. Cette œuvre constitue une exploration et une réflexion importante sur les limites du corps humain, transformant l'expérience qu’est l'art, traditionnellement visuel, en un moment multi-sensoriel qui oriente notre attention vers des sensations pures tout en parcourant et en inspectant les surfaces de l'univers créées par l’artiste. Neto cherche ainsi à créer un sentiment de fusion entre l'œuvre et le spectateur, et à lui faire ressentir à quel point ces rencontres intimes le transforment, et peuvent le renvoyer à quelque chose de plus grand que lui-même. Au fur et à mesure que le visiteur pénètre dans l'espace occupé par l'œuvre, il sentira comment la structure transparente change sous le poids de son corps, et l'empreinte qu'il laissera sera elle aussi transformée par l'empreinte des corps qui suivront.

Ainsi, Bulle blanche constitue une importante exploration et réflexion sur les limites du corps humain et, comme l'affirme Ernesto Neto, l'exposition de ses œuvres transforme l'espace muséal en un lieu de poésie: " nous recevons sans cesse de l'information, mais je veux qu’ici on cesse de penser".