Guggenheim

L’œuvre de Jenny Holzer fait partie intégrante du Musée depuis sa création, comme l'illustre son Installation pour Bilbao (Installation for Bilbao), dans la salle 101, créée par l'artiste en 1997 pour cet emplacement spécifique.

Pendant plus de quatre décennies, cette artiste américaine a présenté des idées, des arguments et des afflictions qui se caractérisent par leur approche provocatrice lors d’expositions internationales et dans des espaces publics du monde entier, dont le 7 World Trade Center, la Biennale de Venise, les Musées Guggenheim de New York et Bilbao, le Whitney Museum of American Art et le Louvre Abu Dhabi. Jenny Holzer vit et travaille à New York, et elle a reçu de nombreux prix, notamment le Lion d'or à la 44e Biennale de Venise (1990), le prix Crystal du Forum économique mondial (1996) et la médaille des arts du Département d'État des USA (2017). Elle est docteure honoris causa du Williams College, de la Rhode Island School of Design, de la New School et du Smith College.

Jenny Holzer remet en question les conventions de l'art traditionnel en adoptant l'écrit comme principal médium d'expression ; elle le manie avec humour, compassion et provocation. Si de nombreux textes de ses séries sont de son propre cru, elle s'inspire également d'écrits poétiques et de prose d'autres auteurs, ainsi que de précieux documents d'archives. Ses messages sont incarnés sur des T-shirts, des enseignes, des pancartes électroniques ou des projections de lumière qui se superposent aux paysages et formes architecturales. L’œuvre de Holzer a une intense dimension politique et émotionnelle, et elle surprend le public dans des lieux particulièrement insolites, ce qui implique une expérience à part entière et invite les spectateurs à réfléchir sur des sujets engagés.

En 2019, l’année de l'exposition Jenny Holzer. L'indescriptible, le Musée Guggenheim Bilbao reçut de la part de l’artiste trois œuvres qui complètent de manière significative les cinq qui faisaient déjà partie de la Collection du Musée Guggenheim Bilbao.

L'une d'entre elles s’intitule IL Y A EU UNE GUERRE (THERE WAS A WAR), qui consiste en un panneau LED à quatre côtés, suspendu au plafond de la salle par un assemblage robotisé. Pour créer cette œuvre, Jenny Holzer a rassemblé de la documentation sur la guerre civile syrienne actuelle, ses conséquences dévastatrices sur la population et la crise internationale des réfugiés, y inclus 131 témoignages individuels recueillis entre 2011 et 2016 par les organisations Human Rights Watch et Save the Children. Des entretiens avec des opposants civils arrêtés, détenus et torturés par le régime Assad et avec des déserteurs des corps militaires et des services secrets syriens mettent en lumière la promesse manquée du Printemps arabe en Syrie. Les témoignages des enfants syriens et de leurs parents donnent une voix aux nombreuses familles qui ont dû fuir leur foyer au cours des huit dernières années et qui sont maintenant confrontées à des défis écrasants.