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Marine | Gerhard Richter | Guggenheim Bilbao Museoa
Exposition antérieur

Gerhard Richter (1932) est né peu de temps avant la Seconde Guerre mondiale à Dresde, une ville qui ferait partie de l’Allemagne orientale à l’issue de la guerre. Très vite, l’intérêt de l’artiste pour l’informalisme et l’expressionnisme cultivés de l’autre côté du Mur le poussa à abandonner sa ville natale. Après s’être installé à Düsseldorf, il réalisa « ses premières peintures basées sur des photographies », par lesquelles l’artiste cherchait un « nouveau départ ». Bien qu’ayant déjà créé auparavant des pièces de ce genre, Richter estimait que les photo-peintures d’avant 1962 appartenaient au passé. Dans cette typologie d’œuvres, les marines constituent un ensemble que Richter développa de la fin des années soixante jusqu’en 1998, date de Marine (Seestück), une œuvre qui appartient à la Collection du Musée Guggenheim Bilbao.

Cette exposition présentera pour la première fois un ensemble remarquable de ces œuvres dans lesquelles l’auteur s’inspire de sources traditionnelles —les paysages mélancoliques et atmosphériques du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich— mais aussi des clichés populaires pris en vacances, pour offrir une réflexion sur la nature de la perception visuelle. Avec ces peintures et dessins, Richter nous confronte au problème de la représentation, étant donné que la surface peinte et le registre photographique se fondent. Pour ce faire, l’artiste appliqua le pigment fortement dilué, obtenant ainsi la surface lisse d’une photographie, et, comme dans certains clichés, il flouta l’image pour qu’il soit plus difficile de savoir s’il s’agit d’une photographie ou d’une peinture. Dans certaines de ces œuvres, le ciel et la mer en provenance de deux images différentes se fondent pour devenir parfois presque interchangeables, laissant à notre perception le soin d’identifier chaque élément.

Commissaire : Lucía Agirre

Gerhard Richter
Marine (Seestück), 1998
Huile sur toile
290 x 290 cm
Guggenheim Bilbao Museoa
© Gerhard Richter, Bilbao, 2019